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Interview de Christophe Héry, superviseur computer graphics.

Vous êtes chez ILM depuis maintenant 7 ans. Comment s'est passé votre collaboration avec George Lucas sur le dernier Star Wars ?

Sur La Menace fantôme, j'étais responsable du rendu et de l'animation des foules, notamment dans le cadre de la scène de bataille finale entre les Gungans et les droïds. Chaque matin avaient lieu les breefings, les " daylies " avec les 3 principaux supervisors et George Lucas. Nous lui montrions ce qui avait déjà été fait et lui, qui connaît bien les contraintes et les possibilités techniques, donnait ses indications. A nous ensuite de rendre vivantes ses visions. Il est notamment très important et plus satisfaisant pour moi de travailler en fonction d'un scénario : l'animation s'apparente souvent à un travail de réalisation dans la recherche de solutions pour rendre le mouvement, la perspective. Il n'est d'ailleurs pas impossible que je passe moi-même un jour du côté de la réalisation, du moins c'est quelque chose qui me plairait !

Vous êtes à Imagina pour présenter le travail de ILM sur l'image de La Menace fantôme : comment expliquez-vous le succès et la longévité de la société de George Lucas en matière d'image de synthèse ?

ILM a été fondée par George Lucas pour la création du premier des Star Wars.

La société est depuis restée leader et la plus connue dans le domaine des effets spéciaux. La Menace fantôme est l'incarnation de cette avance. C'est le premier film de ce type : sur 2000 plans, seuls 5 ou 6 ne comportaient pas d'élément virtuel, qui ont fini d'ailleurs par être digitalisés à leur tour afin de rendre homogène l'image du film. Le film a été directement distribué en numérique dans une dizaine de salles américaines. L'épisode II est prévu pour être " shooté " directement et intégralement en vidéo numérique.

La Menace fantôme a également représenté une prouesse sur le plan de la gestion humaine : 35 plans par semaine ont été réalisés, c'est à dire autant que pour Jurassic Parc en 2 ans : du jamais vu !

Vous êtes, comme nombre de Français, parti aux USA pour travailler. Pourquoi ? Quelle est la différence entre les marchés français et américains dans le domaine de l'image de synthèse ?

Je crois que la culture des effets spéciaux n'existe pas en Europe comme elle existe aux Etats-Unis : les spectateurs ne se déplacent pas s'il ne s'agit de ne voir que des effets spéciaux, alors qu'ils le font là-bas. Des sociétés comme Duboi ou Mac Guff font un travail magnifique, mais l'ampleur des réalisations n'est jamais aussi immense qu'aux USA.

L'industrie des effets spéciaux implique rapidement des chantiers considérables en temps, en argent, si l'on considère que 5 secondes d'images (ce qui est la durée moyenne d'un plan) demande un travail d'un mois pour 2 à 10 personnes selon la difficulté du passage !

Les marges de cette industrie sont en outre très faibles, de l'ordre de 2 à 4%. Ce sont les produits dérivés qui peuvent rapporter de l'argent ! L'infrastructure est en effet énorme et des métiers très différents comme l'animation ou le compositing sont en jeu. Il existe de plus de nombreuses petites sociétés qui travaillent nuit et jour pour se faire une place et cassent les prix du marché. Il faut donc être une société solide pour s'avérer pérenne.

Mais pour en revenir au succès de ILM, il faut ajouter qu'elle possède 2 ans d'avance sur ses concurrents en matière technique et que loin d'être seulement une entreprise, c'est aussi et peut-être surtout un studio de recherche.



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Page modifiée le: 18/09/00
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